[Roman] Neverland

NeverlandJe m’attèle à la dure tâche de chroniquer un roman de Timothée de Fombelle. Lorsque son dernier roman, Le Livre de Perle, est paru en Novembre 2014, ce blog n’existait pas encore et je me souviens avoir pensé « Je n’arrive pas à mettre des mots dessus ». La même chose s’était passée avec Tant que nous sommes vivants d’Anne-Laure Bondoux mais j’avais fini par écrire un article qui valait ce qu’il valait.

Mais Neverland sort aujourd’hui. Et mon dieu, comme je l’ai aimé.

En l’ouvrant j’ai pensé : « C’est du Timothée de Fombelle tout craché, ça m’avait manqué. »
En le refermant j’ai dit : « Wow. Indescriptible et unique. Magnifique. » Et puis encore : « Wow ». Pas très constructif.

Neverland est le premier roman adulte de Timothée de Fombelle. Pour ceux à qui ce nom ne dit rien, c’est l’auteur de la duologie Tobie Lolness, mon livre préféré depuis huit ans, livre traduit dans une trentaine de langues que je vous recommande très vivement.

Les libraires vont s’amuser à ranger ce livre dans leurs rayonnages : c’est à la fois un roman, un témoignage, un conte, un récit initiatique, un roman d’aventure …

Ici, Timothée de Fombelle part à la recherche de l’enfance … Littéralement.

« Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. » page 11

Neverland, c’est un entremêlement de souvenirs. Car l’auteur cherche à se rappeler à la fois ses morceaux d’enfance, son essence même, mais aussi quels sont les moments qui l’ont fait basculer du côté du monde adulte. C’est donc un livre assez intime, comme si Timothée de Fombelle nous ouvrait le livre de son histoire à lui, nous en laissant lire quelques passages.

« La rêverie était le ferment des jours.Elle ne laissait aucun vide. Elle ne tenait pas seulement dans la tête de l’enfant. Elle débordait dans son corps entier. Il sentait la brûlure quand soufflait le dragon, tremblait de froid en chassant l’ours dans la neige. » page 42

C’est aussi un voyage, une quête. L’adulte qui prend l’enfance en chasse. Il y a d’un côté le voyage de l’auteur sur les lieux qui ont marqué sa jeunesse, la recherche de souvenirs, matériels ou immatériels. De l’autre, il y a cet aventurier et son cheval qui s’aventurent dans des contrées sorties de contes, solitaires, guettant les empreintes de l’enfant dans la neige, attendant cette rencontre.

« Je ne suis pas le premier à être parti un matin en chasse de l’enfance. Les Rois mages, les ogres, les loups des contes de fées, les soldats du roi Hérode, ceux des reines stériles, les raconteurs d’histoires, les poètes et tous les capitaines Crochet du monde, poursuivis par le tic-tac du temps … Ils cherchaient. » page 36

Mais ce qui fait le charme de ce livre, ce n’est pas seulement cette quête de la source de l’Homme, c’est aussi – et surtout – la poésie. Timothée de Fombelle a une plume magnifique, que j’ai trouvée ici peut-être encore plus belle que d’habitude. Ses mots nous transportent dans la chambre de ses grands-parents, au bord d’un ruisseau, au fond des tiroirs, partout où est cachée l’enfance. Ses mots nous portent. Nous guident. Nous invitent, nous aussi, à partir à la recherche de l’enfance.

« Quand on grandit, quelques tristesse se chargent de nous donner des preuves de notre existence et de celle des autres. Mais est restée gravée en moi l’idée d’une vie qui s’invente, qui se construit dans l’air avec chaque geste que l’on fait.  » page 33

Ce livre fait écho au Livre de Perle où, déjà, Timothée de Fombelle était un personnage du livre. Il est aussi question d’objets,  de collections faites pour tenter de revenir d’où l’on vient, de valises pleines de trésors perdus …

Neverland est un de ces romans qui, même une fois refermés, continuent d’évoluer en nous, se font une place, un nid à l’intérieur et y restent. Je suis restée vingt minutes dans ma chaise longue, le livre refermé sur mes genoux, ne sachant que faire. J’avais certes fini de lire les mots de Timothée de Fombelle mais l’histoire n’était pas finie. C’était étrange.

« Il me fallait toujours du temps pour me retrouver. Quand j’avais fini mon livre, on m’appelait dehors, je restais étourdi sur le lit. Alors je me levais, un peu à l’étroit dans cette peau et dans ce monde. Je faisais un pas, je m’étirais. Mon équilibre avait changé. En descendant l’escalier, je ne voyais pas qu’avaient poussé deux ailes en papier dans mon dos.  » page 71

Neverland est donc un livre unique, magnifique, poétique, un voyage en quête de l’enfance.

Neverland de Timothée de Fombelle chez L’Iconoclaste

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5 réflexions sur “[Roman] Neverland

  1. Pingback: leventdanslespages
  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi, je l’ai fini il y a presque un mois et je crois bien que c’est le plus touchant des romans de Timothée de Fombelle. (Avec Tobie Lolness, bien sûr ^^)

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